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Le Cycle
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< Octobre 2008 >| Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa | Di | | | | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | | |
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La Quête
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La Tête
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Jusqu'à présent, les hommes n'ont trouvé d'autre chemin vers la vérité que l'erreur (Nicolae Iorga)
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Je me souviens : j’avais 11 ans, et je lisais une petite collection de bouquins sur l’Egypte antique. Je venais de commencer la pratique du Kobudo d’Okinawa, et j’étais friand de tout ce qui me transportait hors de la culture européenne. J’étais un grand fan de dessins animés, dont je m’amusais à reproduire les personnages en m’inventant des adversaires invisibles que je pulvérisais à coup de « piqûre du scorpion » ou autre « poussière de diamant ».
J’étais également en admiration devant les exploits qu’accomplissaient Yoda ou le jeune Luke Skywalker, et la notion de « Force » reste pour moi, à l’heure actuelle, ce qui me semble le plus proche de ma façon de vivre l’ésotérisme et de percevoir l’Univers.
Je me souviens que c’est une paire d’années plus tard que je me retrouvais dans les rayonnages de l’Inguimbertine, cette vieille bibliothèque classée, réputée pour ses manuscrits religieux ; j’arpentais le thésaurus aux rubriques ‘ésotérisme’, ‘sorcellerie’, ‘occultisme’, ‘religions’, et découvrais dans les fiches jaunies les titres de mes premières lectures sorcières.
Fasciné par le bouddhisme, j’achetais les « Secrets de l’Aura » de Rampa, et pratiquais tous les exercices avec assiduité ; une assiduité fort peu récompensée, à mon grand damn.
J’étais un jeune garçon qui riait beaucoup, sans doute pour cacher un profond malaise.
Mes oreilles décollées et mon patronyme rigolo m’avaient valu de nombreux sobriquets à l’école, et j’étais très timide, et influençable.
Je rencontrais à 15 ans un jeune sataniste qui su profiter de ma faiblesse. J’enviais son charisme, je convoitais sa petite amie ; en un mot, j’étais jaloux. Je l’imitais dans son attitude et sa « dévotion ». Je devenais donc ‘sataniste’, du moins selon les critères d’un jeune adolescent de quinze ans qui décide de dévouer son âme à Satan en échange du « pouvoir ».
Je plongeai dans l’occultisme de bas étage, me livrant à quelques rituels, et adoptant un style « dark metal ».
Une paire d’années plus tard, je réalisai que tout ceci ne m’avait absolument rien apporté du tout, si ce n’est encore plus de souffrance intérieure, de jalousie, et un contact qui semblait définitivement rompu avec mes parents. J’abandonnais mes allégeances, renonçant par là-même aux quelques « avantages » qu’elles m’avaient accordés : une certaine clairvoyance, et un don pour manipuler les autres.
Je devenais naïf, bête, mais plus encore : mon cœur devint dur et froid comme la pierre.
De cette époque, il me reste toutefois une chose profondément enfouie : la colère, née de la jalousie. Et cette colère égoïste résonne avec la Colère Vajra, le Colère Divine qui parfois peut m’habiter ; mais ceci est une autre histoire, plus tardive…
A 17 ans et des brouettes, une copine de fac m’apprit à tirer les cartes selon une méthode que sa grand-mère lui avait montrée. J’essayais, et à la fin de l’année, je perfectionnais la méthode en l’adaptant à mes ressentis. Mes prédictions étaient absolument ahurissantes, et toujours extrêmement précises.
Je me livrais également à de nombreux actes de spiritisme, seul ou avec deux autres personnes. Je faisais appel à mes rares connaissances en magie égyptienne pour nous protéger, mais le petit groupe se scinda.
S’en suivi une période où toutes mes prédictions s’avérèrent fausses, et je jugeais à l’époque que les cartes m’avaient trahies.
J’arrêtais toute pratique et tout intérêt pour l’occulte.
J’étais un jeune garçon froid, ayant raté la fac, et j’envisageais à l’époque une carrière de tueur à gage, dont seul mon professeur d’arts martiaux parvint à me dissuader.
J’ai en mémoire de me tenir là, devant mon père, qui me dit qu’il avait honte de moi, et qu’il était temps que je prenne du plomb dans l’aile, l’armée offrant d’excellentes possibilités pour cela.
Ces paroles dures, « j’ai honte de toi », résonne encore très fort en moi, car c’était la première véritable discussion que j’avais avec mon père.
Maintes fois par la suite je fus heureux d’entendre mon père exprimer sa fierté pour moi, mais cela ne suffit pas à effacer ce sentiment qui vous noue l’estomac lorsque l’on entend de tels propos.
Je partais donc à l’armée, dans la Gendarmerie, ou je redevins ami avec la Nuit, effectuant beaucoup de patrouilles nocturnes.
Je refis une ou deux séances de spiritisme, sans grand résultat.
Mon service terminé, je retournais chez mes parents, travaillant quelques mois avant de finalement reprendre mes études. C’est là que j’eus mon premier PC (un véritable ordinateur !) avec une connexion Internet. Je me connectais sur Caramail et découvris les salons ésotérismes et sorcellerie de ce tchat.
Ce fut également l’occasion de faire de merveilleuses connaissances : certaines des personnes que j’estime le plus ici, je les connais de cette période. Et bien sûr, je renouais avec le monde de l’ésotérisme.
Je découvris l’hermétisme, la Golden Dawn, Bardon, Moryason, et l’alchimie pratiquement en même temps. Je m’immergeais dans le paradigme, rencontrant des pratiquants, des maçons, m’imprégnant de toute la symbolique et pratiquant les rituels avec persévérance, conviction et régularité.
A l’université, je suivais un cours optionnel d’histoire de la magie (si si, rigolez pas !), et je présentais un exposé sur l’hermétisme, qui me valu d’attirer les personnes « étranges » de la fac. Via l’une de ces personnes, je LA rencontrais, ELLE, celle dont ma première impression fut « ouais, bof » et dont la seconde impression fut un copyright sur mon cœur.
Elle m’ouvrit au monde des sentiments, de l’amour, de l’art, ELLE qui vivait sa vie avec une philosophie bien à elle, conditionnée par un père spiritualiste et une famille maternelle issue du terroir.
Les symboles hermétiques perdirent leur chaleur et devinrent inutiles. Les rituels devinrent creux. Je décidais, fort de certaines rencontres sur le net, de retourner à de vieilles amours en m’essayant à la sorcellerie plus « traditionnelle », et non pas au satanisme idiot que j’avais adopté à l’adolescence. Je contactais une école de sorcellerie renommée et entamais un cursus d’apprentissage chez eux.
Dans un même temps, je fis la rencontre de CELUI qui allait bouleverser ma vie intérieure. Je n’avais jamais compris ses écrits qu’IL balançait sur des mailing-lists privées à l’époque très ‘en vogue’, mais puisque nous habitions proches l’un de l’autre, l’occasion de se rencontrer n’était pas à esquiver, et elle se présenta. Je rendais donc visite à l’Homme, avec mon sac d’idées pré-concues, mon gros ego, et mes lourds sabots.
Quand j’y repense en écrivant cet article, je me dis : mon dieu mais pourquoi diable cet homme a-t-il accepté de me revoir après cette première entrevue ? Je me dis qu’il a du sentir au fond que je n’étais pas un mauvais garçon… Car effectivement, il entretint le contact via le web, et je retournais le voir une fois ou deux dans sa forêt magique.
Quelques mois plus tard, je partais pour l’Angleterre afin d’enseigner le français dans un lycée. Me retrouvant à Cambridge, j’imaginais que cette cité devait regorger de nombreux occultistes.
Me rendant donc au rayon « occultism » de la plus grande librairie de la ville, je demandais à rencontrer la responsable de rayonnage, et lui posait quelques questions.
Elle m’invita à la soirée goth bi-mensuelle qui se tenait dans un bar de la ville afin de me présenter quelques personnes.
Je rencontrais des paiens qui se définissaient comme « sorciers » mais surtout pas comme « wiccans », comme si ce mot était à bannir du vocabulaire occulte anglo-saxon. Invité à un meeting à l’occasion d’une fête paienne, je fis la connaissance des membres du camp de l’OTO de Cambridge, présents sur place, qui m’invitèrent à leur tour à l’une de leur tenue.
Veni, vidi, je jugeais, d’après ce que j’avais pu voir de la population ésotérique et occultiste de la ville, que si je voulais travailler un peu dans ce domaine là cette année, les membres de l’OTO, bien que pour la plupart extravagants et aux penchants sexuels pas vraiment en harmonie avec les miens, constituaient toutefois les meilleurs partenaires de travail. Je signais donc en bas du document, et me retrouvais quelques semaines plus tard à poil dans un bac rempli d’eau froide à me geler les cacahouètes tandis que des gens bizarres en toges noires faisaient tout un tas de bruits et de gestes autour de moi, en un rituel étrange qu’ils nommèrent « initiation » et qui se conclu autour d’une bonne pinte !
Je fis cette année un très grand nombre d’expérience occultes ET mystiques, bénéficiant toujours de l’enseignement virtuel de mon Mentor dont les mots contrastaient énormément avec les enseignements occultes de l’OTO. LUI, il m’apprit à m’asseoir, à méditer, à écouter et savourer le silence, à ne faire qu’un avec lui, et au-delà de lui.
Il m’apprit à toucher l’Être du doigt, pendant que j’occupais mon esprit avec les choses mentales et occultes de nos divers rituels de groupe ‘templier’.
Et ELLE était toujours là, venant me voir régulièrement, et je l’aimais.
Je découvris également un lien fort avec ma mère à cette période là, elle avec qui je n’avais jamais tenu de discussion réelle.
La séparation d’avec ELLE eut un effet étrange.
Bien sûr, je sombrais dans une dépression dont il me fallu deux ans pour sortir, et dont les conséquences sont encore perceptibles aujourd’hui.
Mais sur le plan ésotérique et spirituel, je fus pris d’une boulimie spirituelle, sans doute pour compenser cette perte. Car malgré que je fusse fort inspiré par certaines filles, voire que je m’amourachais parfois, je ne tombais plus amoureux d’aucune, malgré de fortes expériences tantriques avec certaines d’entre elles.
Je revins sur le terrain magique de mon ami, le cœur plein de souffrance. Je n’imaginais pas qu’après avoir eu un cœur solide comme le roc, je puisse tant souffrir de mes palpitations amoureuses.
Je cultivais l’assise, moment où toute souffrance s’estompait.
Je dévorais toutes les théories de la chaos magick, reflet ésotérique de la déconstruction de mes affects. Je m’ouvrais à de nouvelles opportunités, sans doute toujours en proie à cette grande boulimie de découverte. Je reçu même une transmission tantrique de la part de mon mentor.
Toute l’érudition que certains ici me reconnaissent, je l’ai acquis durant cette période là.
Mais le temps a fait son œuvre, et les âges aussi.
Les années passèrent, et toute cette passion se calma. Je commençais enfin à tailler la pierre, à désapprendre, à me débarrasser du superflu.
Par fainéantise au début, j’intégrais dans ma vie quotidienne la pratique du laisser-faire et du non-agir : je prenais sur moi, tout en trouvant des moyens de m’harmoniser avec mon environnement.
J’abandonnais toute pratique occulte.
Le monde occulte, d’ailleurs, et certains de ces participants les plus actifs, m’avaient clairement dégoûtés de leur univers. Ma (ridicule) formation en sorcellerie terminée, je décidais de « fermer les grimoires ».
Parallèlement, je découvrais, via mon mentor, Trungpa, qui fut pour moi une révélation. Ce qu’il me disait me parlait. Il ME parlait. A moi, l’homme en souffrance que j’étais ; l’homme en recherche – recherche de quoi ?
Les choses faisaient leur chemin, toutes seules.
Et c’est cela qui, chez moi, est très important dans mon parcours.
Je crois que je n’ai pas eu conscience, sur le moment, des plus grands sauts « spirituels » que j’ai pu effectuer. Ma spiritualité, mon ésotérisme à moi se décante comme le vin : il suffit juste de tourner un peu la bouteille de temps en autre, et de laisser reposer.
Je travaillais aussi bien avec les outils des Apprentis qu’avec ceux du Compagnon ou du Maître, sans trop m’en rendre compte. Mon Ami, Père et Instructeur travaillant au niveau du Vajra, j’avais sans cesse l’occasion (même de façon inconsciente) de devenir une simple tasse prête à accueillir, à recevoir.
Un soir, tandis que j’étais en retraite sur la terre magique de mon Ami, je vécu un des ces moments « forts », un moment où vous vous trouvez pleinement dans cet espace derrière la pensée dont seuls ceux qui l’ont vraiment vécu peuvent « parler ». Je mets le terme parler entre guillemets car précisément, toute parole pour décrire cet espace est elle-même totalement inutile dès lors qu’on l’a connu une fois.
Mais je dirais qu’il s’agit de l’un de ces moments où vous avez l’impression d’être dans le sommeil profond, alors que vous êtes dans l’état de veille. Ce moment où les frontières n’existent plus, s’abolissent, et où les paradoxes disparaissent complètement.
Un de ces moments où vous êtes le vide de la forme, et la forme du vide.
Un moment où je compris que l’éveil n’existait tout simplement pas.
Cette compréhension fut accompagnée d’une grande sérénité qui dura une quinzaine de jours.
Puis la routine et le train-train quotidien revinrent.
Mais ce que j’ai ressenti est là, au fond de moi, et je n’ai nul besoin de rituel, d’objets magiques, de lois, de codes, de dogmes ou de règles pour m’y reconnecter, ni pour l’exprimer. Mon regard, mes mots et mes actes me suffisent, et en cela je retrouve l’Oeil, la Parole et la Main qui sont si chères à de nombreuses traditions.
C’est là, derrière la pensée, qu’est la source de MA magie, en quelque sorte.
C’est de là que vient la magie du « hop c’est fait », lorsque deux ou trois secondes suffisent pour accomplir un acte de magie sans aucun rituel.
C’est de là que vient le fait que telle pierre, ramassée au hasard d’un chemin, sera « magique » par rapport à telle autre : non pas parce qu’une quelconque déesse m’aurait soufflé de la prendre, mais parce que « rien » m’aura inspiré « quelque chose » en la voyant.
Je ne m’intéresse plus aux siddhis, aux « pouvoirs », à l’occulte, aux ordres initiatiques. Si j’y prête un semblant d’intérêt, c’est bien pour détendre mon esprit et assouvir mon penchant orgueilleux au déballage de connaissances.
Je ne me considère pas comme un « éveillé » ou un être « réalisé », ni comme un pratiquant d’une voie spirituelle définie. Je ne me considère pas non plus comme un bon méditant, moi qui ne pose mon cul sur un zafu que quelques jours par an. Je me sais être un homme pas spécialement bon, pas spécialement mauvais, pas particulièrement adroit, mais qui essaie de faire consciemment le moins de mal possible, tout en tirant à lui les gens qui lui tendent une main, car je sais apprécier la CHANCE que j’ai eu en vivant ce que j’ai pu vivre, et en étant là où j’en suis aujourd’hui. C’est une chance, oui, et je découvre peu à peu les outils qui me permettront peut être, à mon tour, de « porter-bonheur » à d’autres, pourquoi pas.
Pour cela, le sexe m’est utile.
Ma souffrance et ma peur font que je ne tombe plus amoureux, mais rien ne m’empêche d’Aimer l’espace d’un instant. Ayant la chance d’avoir accès au monde Vajra, j’Aime donc pleinement et entièrement, depuis ce même espace que celui dont je parlais tantôt : au-delà de la pensée, au-delà du sentiment.
Dans la sexualité, je ne suis que l’action, l’énergie, le mouvement.
Bref.
Tout ce que je sais, c’est que je suis sur MA voie, celle-là même que je déroule sous mes pas à chaque seconde, avec le concours de l’Univers, et que cette position est extrêmement égocentrique.
Mais je sais aussi que la seule existence que le ‘Je’ peux me permettre de goûter, c’est la mienne.
Ma magie est dans l’homme, dans les qualités et les défauts de celui-ci, dans l’interaction que j’établis avec lui (eux, vous, moi), et dans ce que mes Frères et moi nous nommons « Le Souffle du Dragon ».
Et face aux qualités du Dragon, les médiums, voyants, magister templi, oracles, gurus, Ipsissimus, 33°, ou autres Initiés font à mes yeux pâles figures.
Que l’on m’excuse (ou pas) de terminer ainsi sur un jugement personnel, mais jusqu’à mon dernier râle, et tant que je serai doué de langage, je ne serai rien d’autre qu’un être qui pense, évalue, juge, et réagit selon son environnement.
Voici qui je suis… Un tireur et un donneur de leçons.
Merci d’avoir perdu tout ce temps à découvrir cette version tronquée de ma petite personne.
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